Partager l'article ! Brèves de sport - course au long cours: Brume dissipée, les étangs se découvrent, sept heures, le matin. ...
Brume dissipée,
les étangs se découvrent,
sept heures, le matin.
Muscles raides, douloureux,
certains, je les découvre.
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La nuit fut trempée,
rosée sur le couchage,
sous les étoiles.
Le camping est déjà loin,
réveillé, autant courir.
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Le sac ballote,
vestige d’ancien louveteau,
métal rigide.
Les croisillons ont creusé
des balafres dans le dos.
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Mauvaise pioche,
comme la découverte,
du vrai canal Rhône au Rhin.
Orties, ronces, des chemins
de halage, inusités.
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Retour au goudron,
des méandres, plus longues,
étapes allongées.
Je visais sept cent cinquante,
je compterai cent de mieux.
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Hier, courte étape,
quarante kilomètres,
besoin de repos.
Strasbourg est loin derrière,
mais Toulon est loin devant.
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Les jambes chauffent,
avant le soleil d’été,
l’allure se régule.
Ce matin, envie, moral,
va pour trente, avant midi.
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Lait encore tiède,
déjeuner à la ferme,
incrédulité.
Vous marchez dans la région ?
Vers la Méditerranée.
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Vous êtes partis d’où ?
En courant, depuis Strasbourg.
Ah bon. Tout seul. Oui. Ah bon.
Vous souhaite bonne marche.
Je ne marche pas, je cours !
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Mais, le soir, accueil,
chaleureux, compréhensif,
langues se délient.
Voyages, anecdotes,
insolite, souvenir.
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Ce jour, rapide,
terrain plat, lignes droites,
longue descente.
La Bresse est derrière moi,
le Rhône est vers ma droite.
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Long de la route,
bombée, tenir sa gauche,
toujours face aux voitures.
Sur départementale,
fréquentation légère.
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Beaucoup me frôlent,
éducation à faire,
écart sur l’herbe.
Talus trop irréguliers,
je retourne au bitume.
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Le soleil tape,
le gravier me colle aux pieds,
fond de sac trempé.
De platanes en platanes,
séquence, ombre, fraîcheur.
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Petits villages,
il reste des fontaines,
merci, pause, eau.
L’arrêt n’est pas un cadeau,
relancer la machine.
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Traversée d’un bourg,
un coureur prend ma foulée,
se porte à hauteur.
La discussion s’engage,
efforts, solidarité.
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Il fait sa sortie,
sur quinze kilomètres,
très bonne allure.
Sympa, se porte devant,
décide de me tirer.
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Bonne distraction,
cela s’est produit déjà,
même famille.
Profite du sillage,
cette étape se raccourcit.
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Village suivant,
fin du tandem, signe,
décélération.
Chacun part de son côté,
chacun reprend son rythme.
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Soleil au zénith,
ravitaillement, pause,
récupération.
Rituel de l’épicier,
je ne marche pas, je cours !
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Menu classique,
pain, fruits, crème de marrons,
ne pas conseiller !
Mais très bon pour le moral,
en fait le plus important.
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Revue des troupes,
ampoules, percer, couper,
mercurochromer.
Je croyais la peau durcie,
déjà atteint deux couches.
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Semblant de sieste,
un banc, près de l’église,
regards bizarres.
Logique, traces de sel,
sueur, tee-shirt fatigué.
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Visage creusé,
jamais vu dans la région,
juste un sac à dos.
Il doit traîner dans le coin.
S’imaginer leurs pensées.
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La chaleur tombe,
se lever, déjà, raide,
quelques pas, raide.
Se relancer, doucement,
souffler, vite, vite, lent.
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Deuxième partie,
je vise vingt cinq bornes,
puis chasse au camping.
Surtout garder l’allure,
pas d’à coups, pouvoir parler.
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Surpris, à l’aise,
tentation, accélérer,
piège à éviter.
Encore huit jours à courir,
surtout ne pas s’emballer.
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Point sur la carte,
joli bois sur la droite,
chemin forestier.
Je peux quitter la route,
aujourd’hui, belle étape.
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Plaisir, sol souple,
abri, fraîcheur des arbres,
odeurs humides.
Profiter au maximum,
enregistrer, tous mes sens.
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Dommage, retour,
la départementale,
un peu trop droite.
Un horizon trop lointain,
tourne vite à l’obsession.
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viser, morceler,
trouver un point de mire,
tiens, la prochaine ferme.
Puis, cette haie de chênes,
puis, l’auberge, à gauche.
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La pente augmente,
le souffle d’un cycliste,
juste derrière.
Il sort de sa roue libre,
profite de son élan.
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La côte durcit,
Les niveaux s’égalisent,
allez, on le suit.
Je m’accroche à sa roue,
quatorze à l’heure, ça tient.
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Il me regarde,
s’étonne, sourit, souffle,
on discute un peu.
Sa sortie du dimanche,
le sport de la semaine.
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Vous êtes du coin ?
Je descends sur la côte.
Ah bon. Depuis quand ?
Huitième jour, depuis Strasbourg.
Ah bon. Combien aujourd’hui ?
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Bientôt cinquante.
Ah. Vous ne plaisantez pas ?
Jamais en course.
Ombre sur son visage.
C’était juste pour le plaisir.