Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /Juil /2009 16:58

Brume dissipée,

les étangs se découvrent,

sept heures, le matin.

 

Muscles raides, douloureux,

certains, je les découvre.

 

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La nuit fut trempée,

rosée sur le couchage,

sous les étoiles.

 

Le camping est déjà loin,

réveillé, autant courir.

 

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Le sac ballote,

vestige d’ancien louveteau,

 métal rigide.

 

Les croisillons ont creusé

des balafres dans le dos.

 

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Mauvaise pioche,

comme la découverte,

du vrai canal Rhône au Rhin.

 

Orties, ronces, des chemins

de halage, inusités.

 

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Retour au goudron,

des méandres, plus longues,

étapes allongées.

 

Je visais sept cent cinquante,

je compterai cent de mieux.

 

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Hier, courte étape,

quarante kilomètres,

besoin de repos.

 

Strasbourg est loin derrière,

mais Toulon est loin devant.

 

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Les jambes chauffent,

avant le soleil d’été,

l’allure se régule.

 

Ce matin, envie, moral,

va pour trente, avant midi.

 

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Lait encore tiède,

déjeuner à la ferme,

incrédulité.

 

Vous marchez dans la région ?

Vers la Méditerranée.

 

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Vous êtes partis d’où ?

En courant, depuis Strasbourg.

Ah bon. Tout seul. Oui. Ah bon.

 

Vous souhaite bonne marche.

Je ne marche pas, je cours !

 

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Mais, le soir, accueil,

   chaleureux, compréhensif,

langues se délient.

 

Voyages, anecdotes,

insolite, souvenir.

 

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Ce jour, rapide,

terrain plat, lignes droites,

longue descente.

 

La Bresse est derrière moi,

le Rhône est vers ma droite.

 

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Long de la route,

bombée, tenir sa gauche,

toujours face aux voitures.

 

Sur départementale,

fréquentation légère.

 

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Beaucoup me frôlent,

éducation à faire,

écart sur l’herbe.

 

Talus trop irréguliers,

je retourne au bitume.

 

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Le soleil tape,

le gravier me colle aux pieds,

fond de sac trempé.

 

De platanes en platanes,

séquence, ombre, fraîcheur.

 

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Petits villages,

il reste des fontaines,

merci, pause, eau.

 

L’arrêt n’est pas un cadeau,

relancer la machine.

 

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Traversée d’un bourg,

un coureur prend ma foulée,

se porte à hauteur.

 

La discussion s’engage,

efforts, solidarité.

 

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Il fait sa sortie,

sur quinze kilomètres,

très bonne allure.

 

Sympa, se porte devant,

décide de me tirer.

 

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Bonne distraction,

cela s’est produit déjà,

même famille.

 

Profite du sillage,

cette étape se raccourcit.

 

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Village suivant,

fin du tandem, signe,

décélération.

 

Chacun part de son côté,

chacun reprend son rythme.

 

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Soleil au zénith,

ravitaillement, pause,

récupération.

 

Rituel de l’épicier,

je ne marche pas, je cours !

 

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Menu classique,

pain, fruits, crème de marrons,

ne pas conseiller !

 

Mais très bon pour le moral,

en fait le plus important.

 

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Revue des troupes,

ampoules, percer, couper,

mercurochromer.

 

Je croyais la peau durcie,

déjà atteint deux couches.

 

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Semblant de sieste,

un banc, près de l’église,

regards bizarres.

 

Logique, traces de sel,

sueur, tee-shirt fatigué.

 

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Visage creusé,

jamais vu dans la région,

juste un sac à dos.

 

Il doit traîner dans le coin.

S’imaginer leurs pensées.

 

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La chaleur tombe,

se lever, déjà, raide,

quelques pas, raide.

 

Se relancer, doucement,

souffler, vite, vite, lent.

 

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Deuxième partie,

je vise vingt cinq bornes,

puis chasse au camping.

 

Surtout garder l’allure,

pas d’à coups, pouvoir parler.

 

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Surpris, à l’aise,

tentation, accélérer,

piège à éviter.

 

Encore huit jours à courir,

surtout ne pas s’emballer.

 

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Point sur la carte,

joli bois sur la droite,

chemin forestier.

 

Je peux quitter la route,

aujourd’hui, belle étape.

 

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Plaisir, sol souple,

abri, fraîcheur des arbres,

odeurs humides.

 

Profiter au maximum,

enregistrer, tous mes sens.

 

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Dommage, retour,

la départementale,

un peu trop droite.

 

Un horizon trop lointain,

tourne vite à l’obsession.

 

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viser, morceler,

trouver un point de mire,

tiens, la prochaine ferme.

 

Puis, cette haie de chênes,

puis,  l’auberge, à gauche.

 

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La pente augmente,

le souffle d’un cycliste,

juste derrière.

 

Il sort de sa roue libre,

profite de son élan.

 

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La côte durcit,

Les niveaux s’égalisent,

allez, on le suit.

 

Je m’accroche à sa roue,

quatorze à l’heure, ça tient.

 

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Il me regarde,

s’étonne, sourit, souffle,

on discute un peu.

 

Sa sortie du dimanche,

le sport de la semaine.

 

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Vous êtes du coin ?

Je descends sur la côte.

Ah bon. Depuis quand ?

 

Huitième jour, depuis Strasbourg.

Ah bon. Combien aujourd’hui ?

 

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Bientôt cinquante.

Ah. Vous ne plaisantez pas ?

Jamais en course.

 

Ombre sur son visage.

C’était juste pour le plaisir.

Par RENKU - Communauté : Le sport pour le plaisir
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