Loire vaseuse,
guère appétissante,
presque déserte.
Mon avant bras s’y trempe,
pour prendre de la chaleur.
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Le palais ducal
la surplombe de très haut,
escalier central.
Devant la cathédrale,
le tailleur de pierre.
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C’est son seul chantier,
un chantier pour une vie,
mais une passion.
Délaisse le compagnon,
plonge depuis la Butte.
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Plus de mariniers,
mais des coques entassées,
ce jour un kayak.
Il sent bon la résine,
l’ai choisi bien profilé.
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Couche sur couche,
imprégnation de colle,
nous avions poncé.
Odeur, pores, poussière,
donne finition soignée.
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Je sens le fleuve,
mélange de la ville
et du goût de l’eau.
Le bateau se décolle,
course en solitaire.
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Pourtant le groupe
procure l’émulation ,
jeune débutant.
Entouré de haut niveau,
Ipsos facto progresses.
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Partout des champions,
dois tenir la cadence,
gloire pour tous.
De tous les jeunes cadets
nous trois partent au France.
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Chaque dimanche,
un vieux bus rouge, poussif,
coques en remorque.
Les anciens, groupés au fond,
Les jeunes recrues, devant.
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Rites, rituel,
bizutages limites,
la tension monte.
Tous en ligne, en trombe,
simple, à fond tout le temps.
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Beaucoup de chemin,
pour seulement deux courses,
effort intense.
Cinq cent mètres droit devant,
mais premières médailles.
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Mais, pour ce matin,
une simple ballade,
un grand plaisir.
Un début d’autonomie,
un bateau difficile.
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Embarras du choix,
la pagaie, bois marqueté,
ramène de l’or.
Légère, ferme, polie,
le contact est déjà pris.
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Le kayak la vaut,
qualité nécessaire,
ce jour, un cran au dessus.
je descend du confirmé,
beau, rapide, instable.
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Le risque existe,
si tu chavires tout seul,
blagues douteuses.
Mais, surtout la galère
pour rejoindre la berge.
Ne pas reculer,
cette vision procure
la concentration.
Le bateau sur l’épaule,
déposé au bord de l’eau.
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Pagaie en travers,
embarquer, sans hésiter,
sans brutalité.
Régler, caler son siège,
les pieds sur le gouvernail.
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Je lance, coup sec,
déterminé vers l’amont,
petit flottement.
L’élan me stabilise,
situer l’équilibre.
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Quelle vitesse,
le courant paraît faible,
déjà loin du port.
Monture à maîtriser,
sans pour autant la brusquer.
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Attention aux bancs,
le sable n’est pas très loin,
un été record.
Le courant est trop faible,
et ne brusque pas les fonds.
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Technique heurtée,
bien sur, reprend les bases,
engin de race.
Le corps est presque dehors,
peut être posé sur l’eau
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La maison rouge,
repère à mi-chemin,
dix kilomètres.
A remonter le courant,
le retour est facile.
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Longe des coureurs,
remontées parallèles,
je les dépasse.
Sans doute footing léger,
ou mon rythme rapide.
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Je pioche dans l’eau,
peu naturel, trop heurté.
l’arrière louvoie.
Bonjour l’efficacité,
allons, reprend les bases.
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Le buste stable,
aller chercher loin devant,
rester dans l’axe.
En cadence, constante,
planter la pagaie droite.
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Tout en technique,
complètement absorbé,
bon sang, le filin.
L’acier coupe le fleuve,
la sablonneuse.
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Baisse la tête,
Un pêcheur s’est amusé,
adrénaline.
Je redresse le buste,
relance la machine.
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Enfin, souplesse,
mais puissance ressentie,
je lève la tète.
Les berges sont désertes,
les rives sont sauvages.
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Je sens la pointe,
elle s’enfonce à chaque coup,
elle est avec moi.
Musique dans la tête,
frissons au bout des jambes.
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Je sens l’arrière,
de moins en moins divaguer,
les genoux serrés.
Chaque poussée de la main,
se disperse moins dans l’eau.
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Dur, seul à tracer,
pas de locomotive,
plus de fatigue.
Mais déjà la mi-course,
je vire dans le courant.
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Retour facile,
le fleuve est avec moi,
le bateau glisse.
Excitation, allure,
j’emballe pour le plaisir.
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J’ai même du temps,
pour jouer au touriste,
branche de siffleurs.
La belle se promène,
sur les bords de la Loire.
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Fleuve sauvage,
dès l’hiver, tu débordes,
kayak de torrent.
Nous ramerons dans les champs,
slaloms entre les arbres.
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Qui passe par là,
pas de route, pas de fond,
toi sur le bateau.
Seuls quelques privilégiés,
A peine quelques sportifs.
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Qui remonte seul,
seul, mon rythme, mon souffle,
émancipation.
Précision dans le geste,
quête de la précision.