Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /Juil /2009 10:36

Loire vaseuse,

guère appétissante,

presque déserte.

 

Mon avant bras s’y trempe,

pour prendre de la chaleur.

 

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Le palais ducal

la surplombe de très haut,

escalier central.

 

Devant la cathédrale,

le tailleur de pierre.

 

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C’est son seul chantier,

un chantier pour une vie,

mais une passion.

 

Délaisse le compagnon,

plonge depuis la Butte.

 

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Plus de mariniers,

mais des coques entassées,

ce jour un kayak.

 

Il sent bon la résine,

l’ai choisi bien profilé.

 

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Couche sur couche,

imprégnation de colle,

nous avions poncé.

 

Odeur, pores, poussière,

donne finition soignée.

 

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Je sens le fleuve,

mélange de la ville

et du goût de l’eau.

 

Le bateau se décolle,

course en solitaire.

 

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Pourtant le groupe

procure l’émulation ,

jeune débutant.

 

Entouré de haut niveau,

Ipsos facto progresses.

 

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Partout des champions,

dois tenir la cadence,

gloire pour tous.

 

De tous les jeunes cadets

nous trois partent au France.

 

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Chaque dimanche,

un vieux bus rouge, poussif,

coques en remorque.

 

Les anciens, groupés au fond,

Les jeunes recrues, devant.

 

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Rites, rituel,

bizutages limites,

la tension monte.

 

Tous en ligne, en trombe,

simple, à fond tout le temps.

 

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Beaucoup de chemin,

pour seulement deux courses,

effort intense.

 

Cinq cent mètres droit devant,

mais premières médailles.

 

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Mais, pour ce matin,

une simple ballade,

un grand plaisir.

 

Un début d’autonomie,

un bateau difficile.

 

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Embarras du choix,

la pagaie, bois marqueté,

ramène de l’or.

 

Légère, ferme, polie,

le contact est déjà pris.

 

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Le kayak la vaut,

qualité nécessaire,

ce jour, un cran au dessus.

 

je descend du confirmé,

beau, rapide, instable.

 

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Le risque existe,

si tu chavires tout seul,

blagues douteuses.

 

Mais, surtout la galère

pour rejoindre la berge.

 

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Ne pas reculer,

cette vision procure

la concentration.

 

Le bateau sur l’épaule,

déposé au bord de l’eau.

 

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Pagaie en travers,

embarquer, sans hésiter,

sans brutalité.

 

Régler, caler son siège,

les pieds sur le gouvernail.

 

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Je lance, coup sec,

déterminé vers l’amont,

petit flottement.

 

L’élan me stabilise,

situer l’équilibre.

 

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Quelle  vitesse,

le courant paraît faible,

déjà loin du port.

 

Monture à maîtriser,

sans pour autant la brusquer.

 

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Attention aux bancs,

le sable n’est pas très loin,

un été record.

 

Le courant est trop faible,

et ne brusque pas les fonds.

 

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Technique heurtée,

bien sur, reprend les bases,

engin de race.

 

Le corps est presque dehors,

peut être posé sur l’eau

 

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La maison rouge,

repère à mi-chemin,

dix kilomètres.

 

A remonter le courant,

le retour est facile.

 

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Longe des coureurs,

remontées parallèles,

je les dépasse.

 

Sans doute footing léger,

ou mon rythme rapide.

 

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Je pioche dans l’eau,

peu naturel, trop heurté.

l’arrière louvoie.

 

Bonjour l’efficacité,

allons, reprend les bases.

 

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Le buste stable,

aller chercher loin devant,

rester dans l’axe.

 

En cadence, constante,

planter la pagaie droite.

 

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Tout en technique,

complètement absorbé,

bon sang, le filin.

 

L’acier coupe le fleuve,

la sablonneuse.

 

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Baisse la tête,

Un pêcheur s’est amusé,

adrénaline.

 

Je redresse le buste,

relance la machine.

 

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Enfin, souplesse,

mais puissance ressentie,

je lève la tète.

 

Les berges sont désertes,

les rives sont sauvages.

 

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Je sens la pointe,

elle s’enfonce à chaque coup,

elle est avec moi.

 

Musique dans la tête,

frissons au bout des jambes.

 

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Je sens l’arrière,

de moins en moins divaguer,

les genoux serrés.

 

Chaque poussée de la main,

se disperse moins dans l’eau.

 

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Dur, seul à tracer,

pas de locomotive,

plus de fatigue.

 

Mais déjà la mi-course,

je vire dans le courant.

 

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Retour facile,

le fleuve est avec moi,

le bateau glisse.

 

Excitation, allure,

j’emballe pour le plaisir.

 

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J’ai même du temps,

pour jouer au touriste,

branche de siffleurs.

 

La belle se promène,

sur les bords de la Loire.

 

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Fleuve sauvage,

dès l’hiver, tu débordes,

kayak de torrent.

 

Nous ramerons dans les champs,

slaloms entre les arbres.

 

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Qui passe par là,

pas de route, pas de fond,

toi sur le bateau.

 

Seuls quelques privilégiés,

A peine quelques sportifs.

 

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Qui remonte seul,

seul, mon rythme, mon souffle,

émancipation.

 

Précision dans le geste,

quête de la précision.

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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /Juil /2009 16:58

Brume dissipée,

les étangs se découvrent,

sept heures, le matin.

 

Muscles raides, douloureux,

certains, je les découvre.

 

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La nuit fut trempée,

rosée sur le couchage,

sous les étoiles.

 

Le camping est déjà loin,

réveillé, autant courir.

 

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Le sac ballote,

vestige d’ancien louveteau,

 métal rigide.

 

Les croisillons ont creusé

des balafres dans le dos.

 

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Mauvaise pioche,

comme la découverte,

du vrai canal Rhône au Rhin.

 

Orties, ronces, des chemins

de halage, inusités.

 

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Retour au goudron,

des méandres, plus longues,

étapes allongées.

 

Je visais sept cent cinquante,

je compterai cent de mieux.

 

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Hier, courte étape,

quarante kilomètres,

besoin de repos.

 

Strasbourg est loin derrière,

mais Toulon est loin devant.

 

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Les jambes chauffent,

avant le soleil d’été,

l’allure se régule.

 

Ce matin, envie, moral,

va pour trente, avant midi.

 

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Lait encore tiède,

déjeuner à la ferme,

incrédulité.

 

Vous marchez dans la région ?

Vers la Méditerranée.

 

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Vous êtes partis d’où ?

En courant, depuis Strasbourg.

Ah bon. Tout seul. Oui. Ah bon.

 

Vous souhaite bonne marche.

Je ne marche pas, je cours !

 

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Mais, le soir, accueil,

   chaleureux, compréhensif,

langues se délient.

 

Voyages, anecdotes,

insolite, souvenir.

 

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Ce jour, rapide,

terrain plat, lignes droites,

longue descente.

 

La Bresse est derrière moi,

le Rhône est vers ma droite.

 

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Long de la route,

bombée, tenir sa gauche,

toujours face aux voitures.

 

Sur départementale,

fréquentation légère.

 

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Beaucoup me frôlent,

éducation à faire,

écart sur l’herbe.

 

Talus trop irréguliers,

je retourne au bitume.

 

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Le soleil tape,

le gravier me colle aux pieds,

fond de sac trempé.

 

De platanes en platanes,

séquence, ombre, fraîcheur.

 

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Petits villages,

il reste des fontaines,

merci, pause, eau.

 

L’arrêt n’est pas un cadeau,

relancer la machine.

 

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Traversée d’un bourg,

un coureur prend ma foulée,

se porte à hauteur.

 

La discussion s’engage,

efforts, solidarité.

 

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Il fait sa sortie,

sur quinze kilomètres,

très bonne allure.

 

Sympa, se porte devant,

décide de me tirer.

 

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Bonne distraction,

cela s’est produit déjà,

même famille.

 

Profite du sillage,

cette étape se raccourcit.

 

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Village suivant,

fin du tandem, signe,

décélération.

 

Chacun part de son côté,

chacun reprend son rythme.

 

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Soleil au zénith,

ravitaillement, pause,

récupération.

 

Rituel de l’épicier,

je ne marche pas, je cours !

 

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Menu classique,

pain, fruits, crème de marrons,

ne pas conseiller !

 

Mais très bon pour le moral,

en fait le plus important.

 

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Revue des troupes,

ampoules, percer, couper,

mercurochromer.

 

Je croyais la peau durcie,

déjà atteint deux couches.

 

   -----------------

 

Semblant de sieste,

un banc, près de l’église,

regards bizarres.

 

Logique, traces de sel,

sueur, tee-shirt fatigué.

 

   -----------------

 

Visage creusé,

jamais vu dans la région,

juste un sac à dos.

 

Il doit traîner dans le coin.

S’imaginer leurs pensées.

 

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La chaleur tombe,

se lever, déjà, raide,

quelques pas, raide.

 

Se relancer, doucement,

souffler, vite, vite, lent.

 

   -----------------

 

Deuxième partie,

je vise vingt cinq bornes,

puis chasse au camping.

 

Surtout garder l’allure,

pas d’à coups, pouvoir parler.

 

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Surpris, à l’aise,

tentation, accélérer,

piège à éviter.

 

Encore huit jours à courir,

surtout ne pas s’emballer.

 

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Point sur la carte,

joli bois sur la droite,

chemin forestier.

 

Je peux quitter la route,

aujourd’hui, belle étape.

 

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Plaisir, sol souple,

abri, fraîcheur des arbres,

odeurs humides.

 

Profiter au maximum,

enregistrer, tous mes sens.

 

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Dommage, retour,

la départementale,

un peu trop droite.

 

Un horizon trop lointain,

tourne vite à l’obsession.

 

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viser, morceler,

trouver un point de mire,

tiens, la prochaine ferme.

 

Puis, cette haie de chênes,

puis,  l’auberge, à gauche.

 

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La pente augmente,

le souffle d’un cycliste,

juste derrière.

 

Il sort de sa roue libre,

profite de son élan.

 

    -----------------

 

 

 

La côte durcit,

Les niveaux s’égalisent,

allez, on le suit.

 

Je m’accroche à sa roue,

quatorze à l’heure, ça tient.

 

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Il me regarde,

s’étonne, sourit, souffle,

on discute un peu.

 

Sa sortie du dimanche,

le sport de la semaine.

 

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Vous êtes du coin ?

Je descends sur la côte.

Ah bon. Depuis quand ?

 

Huitième jour, depuis Strasbourg.

Ah bon. Combien aujourd’hui ?

 

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Bientôt cinquante.

Ah. Vous ne plaisantez pas ?

Jamais en course.

 

Ombre sur son visage.

C’était juste pour le plaisir.

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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /Juil /2009 17:00

Réveil musical,

son du biniou, pur breton,

Le Floch, le maître.

                               

  A peine six heures trente,

brouillard, ce coin de Morvan.

 

    -----------------

 

Sortons des tentes,

baskets durcies de rosée,

                                              pas très réveillés.

 

Est ce vraiment le mois d’août,

pourquoi avons nous si froid.

 

    -----------------

 

Départ en douceur,

décrassage autour du lac,

niveaux disparates.

 

Des plaques de nénuphars

se dégagent des brumes.

 

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Le corps se réchauffe,

j’aime cet effort matinal,

odeurs de l’herbe,

 

quelques poules d’eau surprises,

paysages encore figés.

 

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Petit déjeuner,

sous la toile, confiture,

les guêpes débarquent.

 

notre tireur s’enferme,

épuration rapide.

 

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Un peu de répit,

mais combats avant l’heure,

pour le rab de pain.

 

Comme d’hab., victoire des lourds,

logique, plus de besoins.

 

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Huit heures, suite,

l’herbe est encore humide,

trop pour tatamis.

 

Nous prenons les canoës,

traversée du petit lac.

 

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Vogue en biplace,

en duo avec Daniel,

patron du Dojo.

 

Il est deux fois plus costaud,

mais je pratique dans un club.

 

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Nous équilibrons,

les algues sont écartées,

nous lançons un sprint.

 

Avant-bras déjà en feu,

jour à peine commencé.

 

    -----------------

 

Neuf heures vingt, judo,

assemblage des tapis,

plein air, sur une toile.

 

Bien coller les jointures,

s’éviter les foulures.

 

    -----------------

 

Assouplissement,

nos bras ont déjà ramé,

un échauffement léger.

 

nos exercices

font sourire les voisins.

 

    -----------------

 

Stage, autre sport,

à côté de notre camp,

leurs voiles claquent.

 

Eux aussi se préparent,

à lancer leurs quatre vingt.

 

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Nos doigts de déplient,

se replient, en cadence,

chacun énonce,

 

trente quatre, trente cinq,

travail du kumikata.

 

    -----------------

 

Ce matin, spécial,

travail de notre spécial,

notre préféré.

 

Le répéter, projeter,

quelques dizaines de fois.

 

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A droite, gauche,

oublier la technique,

partir plus vite.

 

Plus tard, pendant les combats,

enchaîner sans y penser.

 

    -----------------

 

Onze heures trente,

évacuons la sueur,

plongeons dans le lac.

 

Pause, déjà le repas,

tous aux corvées, ambiance.

 

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Menu récoltes,

ceps des forêts du Morvan,

poulet de ferme,

 

fromages frais comme la rosée,

doigts encore noirs de mures.

 

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Sieste sous toile,

surchauffe sous double toit,

séance cartes postales.

 

Séquence bouffe perso,

soda, chocolat, gâteaux.

 

    -----------------

 

Quinze heures, relance,

expédition en groupe,

on sort le royal,

 

un canoë dix places

une pièce de musée.

 

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On part sur canal,

un morceau désaffecté,

un long tunnel noir,

 

rires, frissons, bravades,

les benjamins se taisent.

 

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Effort collectif,

imaginez l’inertie

de cette barque.

 

Un écart du pilote,

et nous heurtons les rives.

 

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Retour, sec, au camp.

deuxième court d’art martial,

cette fois, Kendo.

 

En Kimono, un shinaï,

fait de lattes de bambou.

 

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Respect du maître,

champion de France en titre,

les mouches volent.

 

Nos sabres pourfendent l’air,

touchent l’imaginaire.

 

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Nos cris augmentent,

men, do, té, se raffermissent,

montrent la cible.

 

Plein soleil, les gouttes coulent,

sous les manches rugueuses.

 

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Art de précision,

seul compte la perfection,

il faut combiner,

 

l’intention, la volonté,

le geste,  le résultat.

 

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Exercices à deux,

même sans les armures.

le sabre parade,

 

les bouts frôlent les tempes,

dur, ne pas fermer les yeux.

 

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Daniel  circule,

nous prend en tête à tête,

corrige, bouscule,

 

encourage, motive,

toujours dans l’esprit du sport.

 

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Fin d’après midi,

rangement des tatamis,

douche dans le lac.

 

Période de temps libre,

peut être un peu fatigués.

 

    -----------------

 

 

 

Je prend un kayak,

atteint l’autre berge,

cale le bateau,

 

pénètre dans une cour,

un seau de lait m’y attend.

 

    -----------------

 

J’embarque le récipient,

calé d’un genou,

plonge la rame en douceur,

 

ramène le breuvage,

petit rituel du soir.

 

    -----------------

 

Après le diner,

la veillée s’organise,

le froid tombe vite.

 

Nous restons collés au feu,

chants, Auffray, Valparaiso.

 

     -----------------

 

Minuit, sans lune,

les conditions sont bonnes,

pour agir sans bruit.

 

Nous avons quelques bouteilles,

à lever du fonds de l’eau.

 

     -----------------

 

 

 

A deux, Daniel, moi,

nous glissons un canoë,

le  long du canal.

 

Je le manœuvre, inquiet,

il remonte les pièges.

 

     -----------------

 

A cette époque,

parler de gardes pêche,

donnait le frisson !!!

 

Nos prises sont nombreuses,

demain, menu poissons chats.

 

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Un grog mérité,

Déjà une heure trente,

duvet apprécié.

 

J’enfile trois pullovers,

encore un peu excité.

 

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Lever musical,

le biniou, sacré breton,

Daniel, mon maître.

                               

  déjà six heures trente,
    le footing du matin …

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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /Juil /2009 17:02

Fin d’après midi,

novembre, déjà très noir,

petit patelin.

 

le fourgon nous délivre

à la porte du dojo.

 

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le coin est désert,

est ce vraiment le bon jour,

ou le bon endroit ?

 

bizarre, le stress de compét.,

pourtant ce n’en est pas une.

 

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Le club nous amène,

mais ce soir c’est au delà,

représentation.

 

Tous jeunes, en sélection,

qualifiés pour la région.

 

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Les autres sont là,

d’habitude adversaires,

mais là confrères.

 

La plupart ceignent du noir,

je suis encore marron.

 

     -----------------

Pourquoi suis-je là,

en ligne face à ces seniors,

est ce mon niveau ?

 

Hors de question de broncher,

l’idée même est saugrenue.

 

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Sur le tatamis,

un discours nous accueille,

une figure.

 

Certes cheveux grisonnants,

mais stature impeccable.

 

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On nous présente,

face aux judokas locaux,

venus nous tester.

 

 Ils l’ont l’air bien décidés,

les combats vont être chauds.

 

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Ils pourront tourner,

pas nous, il faut enchaîner

les six randoris.

 

Echauffement collectif,

uchi-komi, et sueur.

 

     -----------------

 

 

 

Premier Hajime,

un costaud, bras immenses,

je le fais tourner.

 

Nous sommes tous deux encore frais,

Le kumikata est dur.

 

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Mais quelques atouts,

il a deux têtes de plus,

je suis plus compact.

 

Centre de gravité bas,

Je passe sous sa garde.

 

     -----------------

 

Je tente le coup,

planchette japonaise,

bref tomoe-nage.

 

Sacrifice réussi,

sourire crispé en face.

 

     -----------------

 

Deuxième combat,

attaques des deux côtés,

même registre.

 

Des fauchages intérieurs,

des fauchages extérieurs.

 

     -----------------

 

 

 

Il chute à peine,

disons un yuko poussif,

contrôle bien mes feintes.

 

Me place un tai o toshi,

une technique de jambe.

 

     -----------------

 

Je pars à moitié,

en compétition réelle,

au moins waza-ari.

 

nous enchainons tous les deux,

avec plaisir mutuel.

 

     -----------------

 

Fin du randori,

des sourires complices,

respect mutuel,

 

On aurait bien discuté,

Mais nous devons enchaîner.

 

     -----------------

 

Troisième combat,

une vraie ceinture noire,

trapu, rapide.

 

Oui, plus technique que moi,

il va falloir bétonner.

 

     -----------------

 

 

 

Il attaque fort,

son spécial uchi-mata,

il feinte à gauche.

 

Serrer, éviter le point,

passer au dessus du corps.

 

     -----------------

 

Zut, je suis bloqué,

passe mon temps en défense,

le souffle devient court.

 

Le kimono dégouline,

l’allure se délite.

 

     -----------------

 

Trois minutes, fin,

je salue avec respect,

tiré vers le haut.

 

Penser, après les combats,

quel dojo il pratique.

 

     -----------------

 

Randori suivant,

peut être récupérer,

ceinture verte.

 

Passer mes balayages,

profiter des réactions.

 

     -----------------

 

 

 

Drôle de débutant,

surement plus que vingt ans,

une tête de plus.

 

Je dois bien poser les bras,

imposer ma technique.

 

     -----------------

 

Un beau gabarit,

il pèse bien dans les bras,

serrer la garde,

 

il bascule d’autant mieux.,

un peu de travail au sol.

 

     -----------------

 

Esprit du judo,

utiliser sa force,

il est souple, évite.

 

Mutuel salut cordial,

sommes contents tous les deux.

 

     -----------------

 

Cinquième combat,

un sérieux, on ne joue plus,

changer de rythme.

 

Guerre de kumikata,

de vrais poteaux en face.

 

     -----------------

 

 

 

Un peu pénible,

il veut attraper mon col,

cherche la nuque.

 

Je suis plus petit que lui,

logique, il profite.

 

     -----------------

 

Dommage pour lui,

un partenaire de club

à cette manie.

 

Je connais la parade,

Mais on y passe du temps.

 

     -----------------

 

Plutôt physique,

surement peu esthétique,

très rentre dedans.

 

Cela fait partie du jeu,

d’abord un sport de combat.

 

     -----------------

 

Nous tournons beaucoup,

à l’intérieur de limites,

mais sortons beaucoup.

 

Longue guerre d’usure,

peu d’actions à ressortir.

 

     -----------------

 

 

 

Sixième combat,

souffle court, ruissellement,

Nos hôtes tournent.

 

Restons en première ligne,

les suivants nous font face.

 

     -----------------

 

Il faut s’accrocher.

Que nous dirait le maître ?

Les bras sont raides.

 

Gérer une minute,

quelque temps pour réfléchir.

 

     -----------------

 

Je sais ce qu’il dit,

quand tu rentres dans le dur,

monter la technique.

 

Impossible de forcer,

être plus malin que lui.

 

     -----------------

 

Je sors le grand jeu,

fausses attaques sur la gauche,

blocages de jambes,

 

prise de col inversée,

passer en contre-attaque.

 

     -----------------

 

 

 

Ouf, la fin sonne,

beaucoup de soulagement,

un peu de fierté.

 

C’est le salut collectif,

Tout le monde s’incline.

 

     -----------------

 

Quelques murmures,

on les rappelle à l’ordre,

naturel, chez nous,

 

pas le genre de la maison,

pas de gestes excessifs.

 

     -----------------

 

Le maître du soir

nous lâche quelques phrases,

félicitations,

 

conseils de préparation,

remerciements à nos hôtes.

 

     -----------------

 

Direction douche,

dernier salut au dojo,

on se détend peu à peu.

 

Finalement me dis je,

J’ai peut être le niveau,

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